ÉTAT DES LIEUX

Au-delà d'un historique des propriétés, la Provenance d'une oeuvre concerne l'ensemble des acteurs et des actions qui se sont exercés sur une oeuvre tout au long de son cycle de vie.

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UNE PROVENANCE ENCORE MAJORITAIREMENT ENFERMÉE DANS DU PAPIER

Chaque acteur du marché de l’Art essaye de tenir à jour un historique des oeuvres sur format papier essentiellement.
Or ce support est particulièrement fragile, il peut être perdu ou détruit. Ajoutons à cela la difficulté de suivre une oeuvre dès lors qu’elle a fait l’objet d’une transaction.

Les catalogues raisonnés en édition papier ont désormais une version numérique réalisée avec un logiciel PAO - Publication Assistée par Ordinateur - sans compter une sauvegarde. Son élaboration réclame un travail considérable, long et coûteux et il n’est pas rare que cette provenance présente des “trous” dans le parcours d’une oeuvre.




Users UNE PROVENANCE DISPERSÉE

Construire la Provenance d’une oeuvre, pour qui l’entreprend, s’apparente parfois à la recherche d’une relique perdue ! 
C’est une véritable enquête qu’il faut mener avec méthode et une rigueur scientifique, nécessitant de multiples vérifications et recoupements. C’est un puzzle qu’il faut reconstituer, sachant que vous ne savez pas où se trouvent les pièces et qu’il manque presque toujours.
Et pour cause !



Users UNE MULTIPLICATION DES ACTEURS SUR LE MARCHÉ

Depuis la Seconde Guerre Mondiale, le nombre de collectionneurs ou d’amateurs a augmenté significativement. Selon Artprice, nous sommes passé de 500 000 grand collectionneurs à près de 450 Millions d’art consumer.


La tendance est la même concernant le nombre de galeries, de marchands d’art, de maisons de vente. Et on observe une accélération avec l’impact des NTIC. En effet, les NTIC ont fait émerger une nouvelle catégorie d’acteurs digitaux (marketplaces, enchères en ligne, data providers etc…).
Autre conséquence de la technologie, tous opèrent via des système d’information reposant sur des architectures centralisées dans lesquelles sont stockées des morceaux de provenance.



Users DES MORCEAUX DE PROVENANCE STOCKÉES DANS DE MULTIPLES SYSTÈMES D’INFORMATION

La mutation numérique du marché de l’Art offre, en effet, bien des opportunités mais ajoute dans le même temps un nouveau niveau de complexité : un grand nombre d’acteurs migrent et opèrent désormais via des S.I (systèmes d’informations) gérés selon une politique propre à chaque organisation et reposant sur des architectures centralisées.
Chaque galerie, chaque maisons de vente aux enchères, chaque institution, chaque collectionneur (pour peu qu’il soit organisé) exécutent des logiciels localement pour “systématiser” (dans le sens S.I)l’inventaire et l’histoire de leur collection, de leur patrimoine artistique.

Hormis les risques liés à la sécurité numérique (vol, corruption, manipulation de données), les informations constitutive de la Provenance sont éclatées, disparates et hétérogènes.




Users L’ENJEU DES DATAS OU CHACUN SON JARDIN !

Devant cette montée en puissance et ce dynamisme, le marché de l’art tend à se contracter via notamment une vague de fusions-acquisitions. Pour survivre face à une concurrence toujours plus féroce, d’autres stratégies ont fait leur apparition exploitant le nouvel or numérique : les datas !

Leur traitement permet de représenter le fonctionnement du marché de l’art voire d’envisager une approche prospective sur son évolutions. Devant ce “trésor”, chacun des acteurs adoptent un comportement exclusif et non-coopératif, gardant jalousement ce qui pourrait être un élément déterminant dans sa stratégie de développement et de conquête de part de marché.

Hélas, cette attitude conduit à un écueil prévisible : la faiblesse des analyses et des prévisions dont le périmètre reste limité eu égard aux données récoltées et analysées.



Users UNE ABSENCE TOTALE DE COLLABORATION

Chaque acteur du marché adopte une attitude non-coopérative, conséquence d’une approche caractéristique de “l’ancien monde”. Chacun gère son activité comme s’il évoluait en vase clos sans prendre suffisamment en compte la dimension globale du marché.

les professionnels arguant mettre en place les moyens suffisants pour rassurer leurs clients. Les collectionneurs s’accrochant à des pratiques d’un autre âge par la force des habitudes.

L’atomisation du marché et les initiatives isolées ont des conséquences néfastes sur la Provenance des oeuvres. Hélas, le sursaut, la prise de conscience plus que nécessaire et attendue ne semble pas se produire. Et ce, malgré les nombreuses affaires, les multiples litiges qui mettent en péril les collectionneurs dans leur droit propriété, les artistes dans leur paternité, qui engagent la responsabilité des galeries et des expert.
D’ailleurs pour la France, nous observerons que la jurisprudence tend, ces dernières années, à appliquer une obligation de résultat plutôt que de moyens.



Users LE PIÈGE DE LA PROVENANCE

Cette situation crée, de fait, des opportunités formidables pour la fraude, la contrefaçon et le traffic illicite. En effet, si on prend le cas des faux, i lest rare qu’ils soient suffisamment bons pour tromper des experts. Il faut, pour parfaire la manoeuvre, mettre en place un piège de la provenance. En d’autres termes, construire une histoire crédible, idéalement fournie et enrichie d’éléments matériels (documents, photos, références, publications etc…).
L’objectif est double ; d’une part rassurer le collectionneur et d’autre part justifier le prix de vente et donc la valeur du faux.

Aujourd’hui nous avons à faire à une nouvelle délinquance, organisée, financée souvent et donc pleine de ressources, capable de s’introduire dans les systèmes d’informations afin de corrompre voire de détruire des éléments de provenance. Du reste, ils sont suffisamment intelligents pour s’attaquer également aux serveurs de sauvegarde (backup).
Et, quand bien même l’intégrité de la totalité des données ne seraient pas altérées, si cette opération venait à se savoir cela jetterait immédiatement un doute sur la provenance des oeuvres et donc sur leur valeur.
Ajoutons à cela le comportement d’Homo Economicus qui s’en suivrait. La plupart des propriétaires, hésitants entre porter plainte et garder le silence, seront tentés de revendre les oeuvres potentiellement concernées. 
Un mouvement de ventes successives suscitera inévitablement un doute de plus en plus persistant risquant d’entraîner une chute de la cote de l’artiste, et avec elle celles de ses oeuvres, Quand bien même les agents du marché de l’art feraient tout leur possible pour rassurer le marché, le doute l’a souvent emporté dans l’histoire économique, tout secteur confondu.
L’incertitude étant le pire ennemi de la confiance, ce phénomène de vente et de baisse de cote s’alimenteraient l’un l’autre dans une dynamique difficile à inverser.



Users UNE CONFIANCE QUI S’ÉRODE

Les lacunes dans le parcours d’une oeuvre ont pour effet de “miner” la confiance de part et d’autre d’une transaction. 
Ainsi le collectionneur et à fortiori l’amateur d’art sont souvent en proie au doute. Cette incertitude se trouve exacerbée avec le commerce en ligne des oeuvres où, bien souvent, aucune garantie n’est exigée par les acteurs digitaux.

Les opérateurs en ligne prenant grand soin, avec raison, de limiter voire de s’exonérer des conditions d’engagement de leur responsabilité.

Cette incertitude se réalise encore davantage dans les transactions entre collectionneurs ou via des intermédiaires (généralement des marchands d’art autres que des galeries).

Conséquence :

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