Un de Vinci oublié refait son apparition

2017 commence fort pour le monde de l’art : le Ministère de la Culture vient de refuser de délivrer un certificat d’exportation pour le Saint-Sébastien de Léonard retrouvé par Tajan ! Une preuve supplémentaire que l’attribution était juste, et que la France va tout faire pour retenir ce petit bijou sur son territoire. 

Tout commence il y a quelques mois dans les murs de la maison Tajan : Thaddée Prate, le directeur du département des tableaux anciens reçoit la visite d’un médecin de province, curieux de connaître la valeur de 14 dessins ayant appartenus à son père. Surprise ! Parmi eux se trouve un dessin représentant le martyr de Saint Sébastien, de ce qui semble être la plume d’un gaucher. 

« J'ai eu un choc en le voyant ! Mon cœur a fait un bond. C'est la découverte de ma vie ! » - Patrick de Bayser, du cabinet d'expertise éponyme

 

D’autres indices attirent fortement l’attention. L’expert Patrick de Bayser remarque « deux petits schémas géométriques, accompagnés de fragments d’écriture manuscrite inversée » caractéristique du maître italien.

Personne ne semble y croire mais l’évidence est bien là : la liste manuscrite de Léonard contenue dans le Codex Atlanticus de la Bibliotheca Ambrosiana mentionne l’existence de 8 Saint Sébastien dont deux seulement sont parvenus jusqu’à nous... Le monde en comptait en réalité 3 ! 

Je peux vous affirmer à 300 % qu’il s’agit d’un vrai
— Carmen C. Bambach, Conservatrice du Département des Dessins et Estampes au MET

Des schémas géométriques au verso et des bribes d'écriture spéculaire : la signature de Léonard de Vinci

Mais voilà qu’un nouveau rebondissement intervient. Le 6 janvier dernier, la justice française refuse de délivrer à Tajan son certificat d’exportation. L'œuvre ne bougera donc pas du pays sous ordre préfectoral, au grand plaisir de la France. Dorénavant, celle-ci pourra choisir de classer ce dessin comme “trésor national" si elle parvient à acquérir le dessin pour l’un de ses musées nationaux.
 
Cette découverte constitue "un jalon supplémentaire dans la connaissance de l’évolution de la composition [...] de Léonard de Vinci." déclare Carmen C. Bambach.

C’est son Saint Sébastien le plus abouti. Un véritable trésor. Le Louvre doit faire l’effort de l’acquérir.
— Carmen C. Bambach

Cette découverte constitue "un jalon supplémentaire dans la connaissance de l’évolution de la composition [...] de Léonard de Vinci" souligne Carmen Bambach qui a authentifié l’oeuvre aux côté du Cabinet d’expertise de Bayser, "Le Louvre doit faire l'effort de l'acquérir".

L’État français a désormais 30 mois pour présenter une offre honnête d'achat sur le marché international. Pour une œuvre d’une valeur historique et patrimoniale inestimable mais qui se chiffrerait facilement à 15 millions d’euros, quelle sera la décision de la France ? Affaire à suivre !