La star, l'artiste et le marchand

C'est une affaire étonnante que nous raconte le NYT cette semaine... Il y a de nombreuses années, l'acteur Alec Baldwin - qu'on ne savait pas esthète - flashait sur un tableau de Ross Bleckner : Sea and mirror.

@ Alec Baldwins office : the Ross Bleckner's Sea and Mirror disputed artwork

 

Au bout de quelque temps d'une love story platonique, il mandate sa galeriste Mary Boone de faire une offre au propriétaire de l'oeuvre qu'il chérit secrètement.  

Le collectionneur qui l'avait acquise en 2007 lors d'une vente chez Sotheby's pour 121 000$ en exigerait à présent 175 000$, auquel Boone doit ajouter ses frais.

"La galerie prend généralement une commission de 10 à 20% pour ce genre de transaction, mais pour vous nous ferons un geste et prélèverons des frais réduits : 190 000$. "Je sais que Ross (Bleckner) est très excité à l'idée que vous ayez l'une de ses oeuvres, et je le suis tout autant."

I know Ross is so thrilled for you to have a painting, and so am I.
— Art dealer Mary Boone

Puis le doute s'immisce.
Baldwin ne reconnaît pas "son" oeuvre. La peinture reçue n'est pas celle de la vente de 2007 mais une copie authentique de Ross Bleckner; son propriétaire n'a probablement jamais voulu s'en défaire - ni Mary Boone abandonner la vente...

On comprend un peu l'irritation de l'acteur qui se trouve au coeur de la duperie. Mais au final, si personne n'est capable de discerner les deux tableaux et qu'ils sont tous les deux authentiques, l'oeuvre de commande a-t-elle moins de valeur que la première version de Bleckner ?

Sources : 

http://www.nytimes.com

http://www.artmarketmonitor.com