91 oeuvres de la collection Gurlitt reconnues comme spoliées

L'affaire Gurlitt, ça vous dit quelque chose? Un trésor de près de 1500 oeuvres de la période moderne et d'avant-garde, ressurgies après avoir été cachées pendant des décennies dans un appartement munichois.

En 2012 le fisc allemand découvre le “trésor nazi” de Cornelius Gulitt, amassé méthodiquement par son père le marchand d'art Hildebrand Gurlitt dans les musées européens et les collections juives privées sous la supervision des autorités nazies.

Au milieu de cartons et de boîtes de conserves périmées, des tableaux inconnus de Marc Chagall, Otto Dix, Monet, Munch, Gauguin, Manet, Courbet ou Cézanne émergent dans la stupéfaction de tous.

Chez Cornelius Gurlitt - cachette insoupçonnée du "trésor nazi"

Chez Cornelius Gurlitt - cachette insoupçonnée du "trésor nazi"

Une équipe de quatorze spécialistes est aussitôt mandatée pour mener un travail de recherche devant aboutir à la restitution des oeuvres spoliées aux familles des descendants. Mais la lenteur de la tâche est bien vite pointée par la presse, qui questionne les méthodes utilisées et les avancées du dossier.

L'affaire n'est pas au bout de ses rebondissements car avant de mourir en 2014, Gurlitt dévoile dans sa propriété de Salzburg le reste de la collection léguée par son père. Des toiles de Munch, Gauguin, Monet, Manet, Courbet, Cézanne et Renoir refont encore surface. Il décide, dans un dernier coup de théâtre de léguer la collection au Musée des Beaux-Arts de Berne.

Le Kunstmuseum de Bern

Le Kunstmuseum de Bern

Après quatre ans d'investigations et un budget d'1,8 million d'euros, le gouvernement allemand a ainsi dévoilé en janvier dernier les conclusions de son groupe de travail. Mais sur les 1500 œuvres, seules 5 ont pu être formellement identifiées comme ayant été volées par les nazis et 2 restituées. La tâche est titanesque et les résultats décevants : 500 œuvres à la provenance douteuse doivent faire l’objet de recherches plus poussées, parmi lesquelles des oeuvres très attendues de Paul Cézanne, Eugène Delacroix ou Albrecht Dürer.

L'une des deux oeuvres restituées : Femme assise avec un éventail, d'Henri Matisse

L'une des deux oeuvres restituées : Femme assise avec un éventail, d'Henri Matisse

Les conclusions partielles de ces recherches viennent enfin d'être publiées : 91 de ces oeuvres auraient bien été spoliées, dont plusieurs tableaux de Max Liebermann, Edvard Munch, et Henri de Toulouse-Lautrec.

La curiosité et le travail à fournir pour documenter la provenance de ce fonds semblent infinis. Deux expositions contestées auront néanmoins lieu avant la fin de l'année 2016 au Kunstmuseum de Bern et à la Bundeskunsthalle de Bonn : une manière de rendre ces oeuvres à la vue du public, à défaut de parvenir à les restituer.

Kirchner's Sunday in the Alps-Scene at the Well, in Kunstmuseum Bern

Kirchner's Sunday in the Alps-Scene at the Well, in Kunstmuseum Bern