7 actus qui ont marqué l'année artistique 2016

2016 is over! C’est l’occasion de se remémorer les événements qui ont marqué l’année. Dernier coup d’oeil dans le rétro avant de sauter à pieds joints dans 2017...

Richard Prince relance le débat sur l’appropriation

La série « New Portraits » de Richard Prince exposée à la galerie Gagosian en 2014


En 2016, s’approprier le travail d’autrui est une activité très lucrative : elle rapporterait à l’artiste Richard Prince pas moins de 100 000$ par oeuvre grâce au génie d’Instagram et de ses contributeurs. En contrepartie, Prince aura malheureusement passé beaucoup de temps au tribunal surtout pour sa série « New Portraits » exposée à la galerie Gagosian en 2014 : 38 captures d’écran Instagram, agrandies et signées par l’artiste, accompagnées des likes et des commentaires des photos d’origine.

Pour montrer le narcissisme de la société sans doute? Ce qui est sûr, c’est que ces procès participent pleinement au succès de l’appropriation art.

Une succession Picasso au coeur des convoitises

La fille adoptive de Picasso estla victime de plusieurs affaires de vol

La fille adoptive de Picasso estla victime de plusieurs affaires de vol

A sa mort, Picasso a laissé dans son atelier un stock d”oeuvres vertigineux : des milliers de peintures, dessins, céramiques, sculptures, gravures et lithographies. C’est sa fille adoptive Catherine Hutin-Blay qui se retrouve à la tête de cette quantité astronomique d’oeuvres. Abusée par un jardinier sexagénaire du nom de Freddy Munchenbach, plusieurs centaines de Picasso lui sont dérobées et réinjectées sur le marché via un réseau complexe d’intermédiaires qu’elle combat en justice. 2016 aura aussi été l’année du procès du couple Le Guennec qui s’occupait lui aussi de la propriété du peintre.
Espérons qu’en 2017 les collectionneurs et héritiers prendront leurs précautions... Rien n'est plus triste que de voir la mémoire d'un artiste bafouée.

Lady Gaga vole la vedette à Orlan

Orlan contre Gaga : le procès du futur

En juillet, le Body Art d’Orlan se confrontait à l’extravagance de la chanteuse Lady Gaga. Dans son clip Born this way, celle-ci avait rendu hommage au travail « bizarre » et « fabuleux » d’Orlan en arborant des prothèses faciales, comme dans Bumpload et Woman with head, deux de ses œuvres les plus célèbres. Plagiat ou citation? Cela n’a en tout cas pas ravi l’artiste qui l’a attaquée en justice. “J’en ai assez de servir de R&D à lady Gaga » déclare Orlan.

Morale de l’histoire : si la création ne peut se faire sans inspiration, les limites sont souvent subtiles entre copie et interprétation.

Doig VS Doige : l'affaire de l'été

La toile incriminée, signée Peter Doige

Un peu plus tard cet été, un procès ubuesque a fait la une de la presse artistique et d'un compte Instagram, opposant le célèbre artiste Peter Doig et le propriétaire d’une oeuvre d’un certain “Peter Doige”, aujourd’hui décédé.  Au bout de 3 ans de bataille juridique et de 7 millions de frais d’avocats, Doig a finalement pu prouver que ce tableau n’était pas de sa main. Une histoire sans queue ni tête, dont le peintre écossais se serait sûrement bien passé!

Marie-Antoinette se dote chaises dernier cri

Les fausses chaises proposées à la vente au Château de Versaille

En juin, c’est le marché des meubles anciens qui est éclaboussé par le scandale. Avec la complicité des galeries Aaron et Kraemer, Bill Pallot un célèbre expert en mobilier XVIIIème siècle, a présenté à la vente de fausses chaises Marie Antoinette au Château de Versailles. Heureusement, l’institution échappe de justesse à la catastrophe et refuse de les acheter à cause de leur prix. « Si ce sont des faux, ce sont des faux rarissimes. [...] Si nous nous sommes fait abuser, personne d’autre dans le monde du mobilier XVIIIe n’aurait pu le déceler plus que nous ou la commission » confiait Laurent Kraemer au Quotidien de l’Art. La profession est en tout cas sérieusement touchée, et les deux galeries sont aussitôt déprogrammées de la Biennale des Antiquaires, qui s’est tenue à Paris cet automne.


Deux Van Gogh saisis chez la mafia italienne

La poignée de main satisfaite du musée Van Gogh et des Carabinieri | Crédits @TheGuardian Ciro Fusco EPA

La poignée de main satisfaite du musée Van Gogh et des Carabinieri | Crédits @TheGuardian Ciro Fusco EPA

Après 14 ans de recherches assidues, 2 toiles de Van Gogh ont fini par être retrouvées cet automne en Italie. Elles avaient été volées en 2012 à Amsterdam et gisaient au fond de la villa d'un ancien trafiquant de drogue notoire, à Castellamare. Ce trésor - au demeurant invendable - était estimé à plus de 100 millions de dollars et figurait au top 10 des oeuvres les plus recherchées au monde sur le site du FBI. Belle prise! "C'est l'un des plus beaux jours du musée Van Gogh”. Pour l’institution d’Amsterdam, “un rêve devient réalité". 

Le mystère du Brouillard d'Arles

65 dessins inédits de Van Gogh sèment le trouble au Musée Van Gogh

65 dessins inédits de Van Gogh sèment le trouble au Musée Van Gogh

Pour finir avec Van Gogh, un débat retentissant a éclaté en novembre autour de l’authenticité d’un carnet de 65 dessins inédits du maître hollandais : le Brouillard d’Arles. La découverte de ces croquis est authentifiée par deux des plus grands spécialistes de Van Gogh, Bogomila Welsh et Ronald Pikvance. Mais le musée Van Gogh d’Amsterdam les réfute. « Ces images contiennent des erreurs topographiques distinctes » affirme le musée. « [...] les dessins dans le carnet ont été exécutés dans une encre brunâtre et ce type d’encre n’a jamais été retrouvé dans des dessins de Van Gogh réalisés entre 1888 et 1890 ». La querelle est toujours en cours.

Espérons que 2017 jette la lumière sur l'ensemble de ces affaires!