Les Greenhalgh : L'association de malfaiteurs la plus insolite que le monde ait jamais connue

Tout commence dans les années 1990, à Bolton, une ville de la banlieue de Manchester. 
Une famille discrète y est installée mais ce n’est pas l’histoire d’un conte de fée qui y prend place, mais bien celle d’une famille de faussaires, qui réalise des chefs d’œuvres dans un simple abri de jardin.

C'est ici que tout s'est déroulé. La famille Greenhalgh vivait dans un modeste pavillon de la banlieue de Bolton, au nord de l'Angleterre.  

Chacun y joue un rôle important. Le père, George, est le cerveau de l’opération, mais également un spécialiste du mensonge pathologique, un mythomane hors pair. La mère, Olive, se procure des documents qui prouvent l’authenticité des œuvres. Reste le vrai faussaire de la bande, le fils, Shaun, autodidacte de génie, il arrête l’école à 16 ans et apprend au regard des livres d’art.

Shaun, Georges et Olive qui, pendant 17 ans, ont berné les plus grands musées du monde et les plus grandes maisons de vente aux enchères.

Une astuce simple mais intelligente associée à une chance incroyable permettent à la famille d’écouler sa marchandise. En effet, les productions du fils, ne sont pas des œuvres  « super star » de l’histoire de l’art, mais des œuvres disparues et peu connues du grand public.

Un autre facteur de leur réussite réside dans leurs deux arrestations manquées. En effet à deux reprises Scotland Yard est alerté.
En 1990, le marchand d’art Peter Nahum achète une toile à George Greenhalgh et se rend rapidement compte qu’il s’agit d’un faux, il contacte la police, qui ne donne pas suite à l’affaire par manque de moyen et de temps. Ils pensent également que c’est un acte isolé.
Le British Museum, en 1995, a aussi contacté Scotland Yard à l’égard de Mr Greenhalgh. Mais l’affaire est une nouvelle fois remise à plus tard.

Ce n’est qu’une dizaine d’années plus tard que les Greenhalgh vont commettre une erreur qui leur sera fatale, sur l’écriture cunéiforme d’un bas-relief assyrien, après avoir tenté d’en vendre deux à la maison de vente aux enchères Bonhams et au British Museum.
Cette fois-ci Scotland Yard intervient et perquisitionne le lieu du crime ou l’on découvre toutes les preuves de la création des faux : des livres, des répliques, des ustensiles… Tout cela dans une pauvreté et un capharnaüm extrême. Les Greenhalgh sont arrêtés. 

George Greenhalgh, lors de son arrivée au tribunal pour entendre sa condamnation le 28 janvier 2008. Screenshot issu du documentaire "Les Greenhalgh : entre mytomanie et génies"

Suite au procès on retrouve d’autres œuvres de la famille Greenhalgh ayant prit place dans les plus grands musées du monde comme l’Art Institute of Chicago, qui présenta pendant des années un « Faune » de Gauguin, qui est en réalité un « faux » Gauguin.  Shaun est condamné à
4 ans et demi de prison, et ses parents trop âgés sont acquittés.

"La Faune" de Gauguin

Outre la question morale, il faut bien reconnaître que Shaun est le faussaire le plus éclectique de l’histoire et un génie dans son domaine.